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AUTRICHE: Connecting People

Cet article présente Connecting people*, un projet de parrainage de jeunes réfugié·e·s. Nous sommes actuellement témoins d’une mobilisation active de la société civile. Des centaines de volontaires accompagnent et aident des réfugié·e·s dans leur recherche d’un autre avenir.
Le ministère de l’Intérieur autrichien, par contre, persiste dans son refus de voir la réalité en face. L’incapacité à gérer les situations de crise et le manque de coopération avec la société civile se manifestent ici clairement encore. Des personnes et parmi elles de nombreux mineurs non-accompagnés, viennent chez nous dans l’idée – en tout cas pour le moment – d’y rester. Leurs motivations de départ sont si pressantes que ni les barrières ni les lois ne les arrêtent. Et pendant que l’on continue à investir dans des mesures de cloisonnement et à débattre de quotas de répartitions en Europe, certains préfèrent construire un vivre ensemble avec les «nouveaux» venus dans notre société.
Depuis cinq ans, le projet Connecting people pour les réfugié·e·s mineur·e·s non-accompagné·e·s va dans ce sens. Les futurs marraines et parrains, tous engagés bénévolement, sont tout d’abord renseignés et formés avant d’aider un réfugié mineur à surmonter son difficile quotidien. Des bases juridiques sont transmises dans le cadre de cette formation ainsi qu’une idée du parcours d’un demandeur d’asile. Les parrains et marraines sont informés des possibilités et des offres de formation pour les jeunes réfugiés et les installations d’hébergement leur sont présentées. La préparation comprend aussi une soirée sur les relations avec les personnes traumatisées ainsi qu’un échange d’expériences avec des parrains et marraines actifs depuis longtemps. Les réunions suivantes permettent de mieux connaître les personnes du groupe, chacun comportant généralement 12 personnes.
Relation personnelle
L’idée de base est de développer un réseau social solide grâce à la relation personnelle constante entre les jeunes et les parrains/marraines et d’offrir à tous les participants de riches expériences et un élargissement de l’horizon. Les jeunes sont généralement âgés de 16 à 18 ans et habitent en colocation. Des organisations religieuses, sociales ou d’utilité publique mettent à disposition ces logements mais également l’accompagnement de ces jeunes. Juridiquement, les jeunes dépendent du service d’aide sociale à la jeunesse. Pour la plupart des jeunes non-accompagnés, il s’agit du premier hébergement convenable depuis leur fuite. Ils doivent souvent attendre des mois dans un premier centre de répartition ou subir plusieurs transferts dans différents centres à travers toute l’Autriche.
Contraste avec les autres jeunes
La différence avec les jeunes Autrichiens qui évoluent et testent leur identité dans des «groupes-repères» de leur âge, «crashent» leur PC, bricolent sur leur vélo ou mobylette,… en bref qui développent leur personnalité dans un système connu, ne peut être plus grande. La situation des jeunes réfugiés est marquée par de longues attentes forcées, voire d’inactivité, par le doute sur les possibilités de séjour des parents et des frères et sœurs, par l’incertitude des décisions administratives, par une scolarité au cas par cas dont ils ne peuvent que peu profiter.
La procédure de demande d’asile peut être influencée négativement par le moindre petit faux-pas qui serait considéré pour les jeunes Autrichiens comme un «incident de parcours». Tous les demandeurs d’asile reçoivent une consultation juridique avant «l’interview» avec l’administration et y sont préparés au mieux; la procédure signifie toutefois un stress permanent pour les jeunes concernés et une menace latente. Face à ces conditions de vie, l’importance des relations personnelles s’explique d’elle-même.
Un adulte qui se prend le temps, offre de l’attention, est à l’écoute et procure aux jeunes quelque chose qui s’approche de la normalité possède déjà les compétences relationnelles essentielles pour être marraine ou parrain. Le but n’est pas l’apprentissage, il n’y a pas d’obligation de résultat, il ne s’agit pas d’éducation mais bien d’accompagnement. Par des rencontres régulières de quelques heures par semaine, on apprend à se connaître et la confiance naît doucement. Leur confiance en soi grandit avec le temps et permet aux jeunes partenaires de se raccrocher à leurs propres ressources et de façonner leur vie dans leur nouvel environnement.
Volonté d’intégration
Les mêmes questions ne se posent-elles pas pour nos propres enfants ou jeunes connaissances? Oui bien sûr et aussi non. Beaucoup de ces jeunes personnes ont vu et vécu l’inimaginable. Ils n’ont pas encore pu tourner la page de leur vie précédente – ce sont donc des conditions difficiles pour un nouveau départ. C’est pourquoi au début certaines de leurs réactions sont étranges, incompréhensibles, ou qu’il n’y a pas de réaction du tout.
Pour les marraines et parrains, il est important de pouvoir échanger leurs expériences avec le groupe, de s’informer mutuellement et de se conseiller. Les groupes de parrainage sont la plupart du temps très variés: étudiants, couples, célibataires, retraités, chacun amène son point de vue spécifique. Nous remarquons très souvent dans ces tours de paroles à quel point est absurde l’exigence permanente pour les demandeurs d’asile et les migrants de prouver leur «volonté d’intégration». Les parrains et marraines ressentent très vite les barrières sociétales, que tout le monde connaît.
Connecting people pose un cadre fiable pour tous les parrains et marraines engagés. Si besoin, il y a possibilité d’une aide professionnelle et aussi de coaching personnel pour n’abandonner personne avec des problèmes naissants. Cuisiner ensemble, faire des fêtes et des réunions nous rappellent que cela en vaut toujours la peine et en plus fait plaisir, de s’engager pour une société ouverte et d’offrir aux gens une nouvelle perspective de vie.
Connecting people a reçu en 2011 le prix national de formation adulte pour l’apprentissage d’aide volontaire.

* http://www.asyl.at/projekte/cp.htm

Rédigé par Gabi Peissl, Marraine, 15.10.2015, recrutés par ute
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Ausgabe: 241 (10/2015)

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