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AUTRICHE: Des réfugiés manifestent

En Autriche, les demandeur-e-s d’asile sont actuellement à l’initiative de manifestations de protestation parmi les plus importantes de l’histoire récente.
A la mi-octobre, des réfugié-e-s somaliens avaient déjà manifesté deux jours durant à Vienne devant le parlement. Le 24 novembre, des demandeur-e-s d’asile de Traiskirchen, le centre de premier accueil en Basse-Autriche, sont venu-e-s à pied jusqu’à Vienne et ont installé un campement devant une grande église du centre de Vienne, la Votivkirche. Ils-elles sont déterminé-e-s à dénoncer le camp de rétention carinthien scandaleux et la situation catastrophique des réfugiés en Autriche dans les hébergements éparpillés sur tout le pays, au centre de premier accueil de Traiskirchen par exemple. Ces protestations ont d’autres motifs concrets: un statut juridique extrêmement précaire, des conditions de détention épouvantables, des pratiques d’asile arbitraires et le manque de droits sociaux sont la réalité de vie de nombreux-ses réfugié-e-s en Autriche.
Des manifestations de réfugié-e-s ont eu lieu en Europe pendant tout l’été – dans l’indifférence des médias autrichiens, mais pas celle des migrant-e-s. En Allemagne une marche de protestation de plusieurs semaines vers Berlin démarrait début septembre1.  Elle faisait suite à des manifestations de réfugié-e-s dans un grand nombre de villes allemandes.  A Budapest, Berlin, Amsterdam et aux frontières extérieures de l’UE, les migrant-e-s se sont retrouvé-e-s pour protester devant les parlements nationaux, dans des campements ou des occupations par des «refugees», souvent accompagnés de comités de soutien2.  Il n’existe pas (encore) au niveau européen de revendications communes de ces mouvements de réfugié-e-s auto-organisés; les origines des protestations sont très diverses. Il existe cependant des contacts et des échanges entre activistes de nombreux pays. De même que les luttes et formes de protestation dans des pays sont une source d’inspiration pour les autres.


Que veulent les Refugees?


Les réfugié-e-s ont de multiples revendications, allant de l’amélioration de la situation au centre de Traiskirchen à d’autres, destinées à des instances politiques plus élevées, telles que les revendications concernant l’accès au travail ou à un séjour légal en Autriche. Ils exigent des instances européennes l’abrogation du règlement Dublin II3. Toutes ces revendications ne sont pas nouvelles, au contraire elles ont déjà été posées par des experts reconnus d’ONG, de syndicats ou d’institutions ecclésiastiques, comme en priorité la revendication urgente de libre accès au marché du travail, en réalité elles sont incontestables même si la politique les ignore encore. Ce qui est nouveau, c’est que les réfugié-e-s eux-mêmes revendiquent et s’adressent directement aux hommes politiques responsables pour trouver une solution, et ils se font entendre publiquement.


Qui sont les Refugees?


La situation inhumaine à Traiskirchen et l’effet des mouvements dans les pays voisins ont incité les réfugiés à s’auto-organiser pour se battre. Venus du Pakistan, d’Afghanistan, de Somalie, d’Algérie, du Maroc, ils-elles ont manifesté, accompagné-e-s de personnes soutiens au statut moins précaire en Autriche.
Au cœur de l’action, les migrant-e-s concernés par cette politique se nomment eux-mêmes refugees. Ces réfugié-e-s viennent de tous les pays, parlent les langues les plus diverses et ont dû quitter leur pays pour des raisons très différentes. Certain-e-s d’entre eux-elles sont en Autriche depuis plusieurs années sans avoir obtenu, pour différentes raisons, de titre de séjour; d’autres sont arrivé-e-s récemment et ne supportent plus les conditions indignes de leur hébergement. Beaucoup sont très jeunes, il y a aussi des vieux. Ce n’est pas un groupe social homogène, leurs contextes religieux, politiques, économiques et familiaux sont différents.
Depuis le 18 décembre, les réfugié-e-s ont trouvé asile dans l’église Votivkirche à Vienne. Depuis le 22 décembre ils mènent une grève de  la faim. Après une courte interruption fin janvier, la grève a repris et continuera jusqu’à ce que les revendications politiques soient entendues. Le 28 décembre la police est venue évacuer le campement des Refugees installé depuis des semaines sur le parvis de l’église. L’action de protestation continue à l’intérieur de l’église. Elle a suscité en Autriche un débat animé sur les atteintes aux droits humains et le droit d’asile. Un grand nombre de gens de théâtre, d’écrivains, d’artistes et d’autres personnalités de la vie publique se sont solidarisés avec les réfugiés.


Pour plus d’informations:
http://refugeecampvienna.noblogs.org
1. Voir Archipel No 208
2. Voir article «Régime des frontières»
3. Règlement européen qui détermine l’Etat membre de l’Union européenne responsable d’examiner une demande d’asile dans l’Union européenne.

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Archipel

Dieser Text stammt aus dem Archipel

Ausgabe: 212 (02/2013)

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