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DOSSIER REPRESSION EN EUROPE: Police contre antifascistes

Le 8 mai 1945, l’état-major du «troisième Reich» signait la capitulation de l’armée allemande face aux puissances alliées. Pour les peuples d’Europe la date du 8 mai symbolise la libération de l’emprise du nazisme. Or, depuis 2006, c’est aussi la date qui a été choisie par les néonazis allemands et le parti NPD pour organiser une marche aux flambeaux dans la petite ville de Demmin (Mecklembourg – Poméranie) pour commémorer les victimes de la défaite du nazisme.
En effet, entre le 30 avril (jour du suicide d’Hitler et de l’entrée de l’armée soviétique à Demmin) et le 3 mai 1945, un grand nombre d’habitants et de réfugiés s’étaient suicidés dans une ambiance d’hystérie collective et de peur de représailles de la part des soldats soviétiques. L’armée allemande et les dignitaires de la ville avaient pris la fuite en coupant les ponts, laissant la population sans administration locale et sans possibilité de fuite. Les estimations font état de 500 à 1500 suicidés, beaucoup s’étant jetés dans la rivière. Ces évènements encore mal élucidés permettent aux néonazis d’alimenter leur version de l’histoire du peuple allemand en tant qu’éternelle victime.  
Depuis 2009, des citoyens de Demmin et des environs se sont rassemblés dans un comité (l’Alliance pour le 8 mai – Aktonsbündnis 8. Mai) pour s’opposer à la marche et à la propagande des néonazis. Chaque année, ils mettent en place des points de vigilance et d’information un peu partout dans la ville et organisent des évènements festifs. Jusqu’à ce jour, tout s’était passé calmement et sans heurts avec la police. Cette année, une trentaine d’organisations étaient présentes. Le rabbin de Mecklembourg-Poméranie a participé à un circuit entre les lieux historiques de la domination nazie et à la commémoration au cimetière juif et les églises ont appelé à une prière pour la paix pendant qu’une partie des 400 manifestants initiait des sit-in spontanés et pacifiques pour empêcher la marche aux flambeaux d’environ 200 néonazis, venus de près ou de loin.
500 policiers étaient mobilisés, officiellement pour garantir la liberté pour tous de manifester. A l’arrivée, les opposants antifascistes et leurs véhicules ont été fouillés de fond en comble. La situation est pourtant restée calme jusqu’à 20 h, lorsque la police a usé de la force pour disperser les contre-manifestants. Le comportement de la police a semé la peur et la panique. Elle a empêché les journalistes et les photographes de faire leur travail et de s’approcher de la marche des nazis, ceci «en accord avec les organisateurs», selon la police.
Un jeune Français a été menotté, roué de coups et maintenu au sol avec tant de violence qu’il en a perdu connaissance et a dû être placé en coma artificiel lors de son transport vers l’hôpital. Un médecin et un interprète venus lui prêter assistance ont été refoulés par la police. Un autre opposant a été mordu par un chien policier. Pour finir, la police a encerclé les contre-manifestants sous la menace de deux canons à eau jusqu’à ce que les membres du NPD aient terminé leur marche et se soient dispersés.
Par la suite et en flagrante contradiction avec tous les témoins oculaires, la police a ouvert une enquête préliminaire contre le jeune Français pour coups et blessures à l’encontre de trois policiers alors que tous les témoins oculaires affirment qu’il n’en a rien été. Dans son rapport, la police parle de «clientèle de gauche prête à la violence» pour désigner les opposants pacifiques.
Depuis des années, des représentants de tout le spectre politique allemand réclament l’interdiction du parti néonazi NPD. Le ministre de l’Intérieur du Land de Mecklembourg-Poméranie, Lorenz Caffier s’était illustré par son soutien à cette proposition.
Pourtant, interrogé par les médias sur les évènements de Demmin, il a défendu le comportement de ses fonctionnaires en se demandant pourquoi un Français se trouvait là un 8 mai. Défend-il les policiers allemands contre un opposant français? A-t-il oublié que l’Europe entière a souffert du nazisme? Remet-il en question les droits fondamentaux de liberté de réunion et de circulation à l’intérieur de l’Europe? Comment de tels propos se conjuguent-ils avec l’amitié franco-allemande célébrée par la chancelière allemande, Mme Angela Merkel, et par le  Président français, M. François Hollande, le lendemain, à quelques kilomètres de Demmin?
Le 8 mai, le parti NPD a tenté d’imposer une version révisionniste de l’Histoire, sous la protection de forces de police utilisant la violence, et avec l’approbation de fait du gouvernement du Land.
Dans les jours qui ont suivi ces tristes événements, le Forum Civique Européen a publié un communiqué rappelant les faits et exigeant du gouvernement régional de Mecklembourg-Poméranie la clarification des motifs pour lesquels les  manifestations d’un parti qui glorifie le  nazisme y sont non seulement autorisées mais aussi brutalement protégées par les  forces de police, malgré l’opposition qu’elles suscitent. Il a également écrit à la chancelière allemande, Mme Angela Merkel, pour lui demander de veiller à ce que les exactions de la part de la police soient sanctionnées, que de tels évènements soient rendus impossibles et que les marches et les commémorations néonazies soient interdites à l’avenir, dans sa circonscription et partout en Allemagne. Vous pouvez vous joindre à cette action en écrivant à Madame la Chancelière Angela Merkel, Platz der Republik 1, D-11011 Berlin


Témoignage d’un participant
Nous étions venus à cette manifestation en solidarité avec des ami-e-s allemand-e-s. La complicité entre les forces de police et la marche nazie était évidente depuis le moment où nous sommes arrivés à Demmin, néanmoins tout s’est bien passé jusqu’au moment où le cortège s’est mis en marche. A ce moment-là, il y avait déjà quelques sit-in pour bloquer la marche sur le parcours prévu. Ceux-ci parvenaient déjà à ralentir le cortège, ce qui a augmenté la tension du côté de la police.
Nous étions un peu partout sur le parcours prévu, témoignant de notre mécontentement par des blocages pacifiques. Au moment de faire un nouveau blocage – nous n’étions pas très organisés et peu nombreux – la police a déchaîné une violence excessive sur nous, en usant de nouvelles méthodes de dissuasion policière: tordre les cous, faire pression sur le nez, mettre leurs mains dans les yeux et les bouches, etc. Ainsi, nous étions facilement dispersables.
Au cours de ce sit-in, nous avons pu ressentir la violence policière dans notre propre chair, et ce n’est pas agréable... Mais la police impose sa volonté, même si cela implique d’envoyer des gens à l’hôpital, comme ils l’ont fait avec notre copain français, qui criait à l’aide au moment où il a été arrêté!
Je pense que le développement de l’extrême droite est un problème européen. La solidarité au mécontentement sera toujours la bienvenue, qu’importe d’où elle vient.

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Dieser Text stammt aus dem Archipel

Ausgabe: 227 (06/2014)

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