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LETTRE DE LECTEUR: Chers rédacteurs d’Archipel,

Je lis votre journal depuis belle lurette et j’y trouve toujours beaucoup d’intérêt à le faire.
Je me permets cependant de vous signaler que l’éditorial du dernier numéro paru (No 224, mars 2014), intitulé «Ecologie et immigration: la parabole de la villa dorée», sous la plume de Raphaël Mahaim, m'a hérissé le poil et m’incite à faire la réplique suivante: je suis bien sûr parmi les 49,7% des votants qui ont rejeté l’initiative de l’UDC, mais je suis persuadé que les 50,3 % acceptants ne sont pas tous des «populistes de droite» et des nationalistes bornés», mais que parmi eux, il y a certainement beaucoup de vrais écologistes. Pour moi, le désastreux résultat de ce vote met surtout en évidence que notre pays a un vrai problème, à savoir celui de son devenir: où allons-nous et de quelle manière nous y allons?
Faisons un petit calcul en matière d’aménagement du territoire: nous perdons, à chaque seconde qui passe 1,2 m2 de terre agricole cultivable, sous le béton et l’asphalte. Définitivement, irrémédiablement. Sauf une toute petite part qui va à la forêt qui, elle, a la fâcheuse propension de s’étendre naturellement, protégée qu’elle est en vertu de notre Constitution. Cela correspond à la surface du lac de Bienne qui mesure 39,3 km2, soit quelque 3.930 ha. Notre pays a une superficie de 4,13 millions d’hectares environ, dont 30 % de forêts et quelques 26 % de surfaces improductives (neiges éternelles, rochers, cours d’eau et lacs). Sachant que 6 % de notre territoire est déjà urbanisé, donc bétonné à tout jamais, il reste une surface agricole utile qui, en 2009, couvrait 1.481.669 ha, dont 513.860 ha d’alpages qui intéressent peu les milieux immobiliers. Nous disposions donc de 967.809 ha de terres potentiellement constructibles, à savoir une réserve de 246 fois la surface du lac de Bienne... En comptant large car, d’une part, la forêt continue à grignoter l’aire agricole et que, d’autre part, la surface habitée par personne augmente, elle aussi. Nous aurons donc, que cela nous plaise ou pas, des choix à faire, puisque, dans moins de deux siècles et demi, si nous ne changeons pas le fusil d’épaule, notre quota de surface constructible serait théoriquement épuisé! Quid alors de l’agriculture? (…)
 Cessons donc de lapider les Tessinois! Ils subissent de plein fouet l’assaut quotidien des frontaliers lombards en quête d’emploi et la migration dominicale des Zurichois avides de soleil et de chaleur! Ils ne sont pas tous «légistes» ou, du moins ne le deviennent, qu’à cause de l’incurie de ceux qui détiennent le pouvoir. Savez-vous par ailleurs que si, de 1985 à 2009, la perte moyenne de terres cultivées s’est élevé à 5,1 % par an pour l’ensemble de la Suisse, elle a été de 15 % au Tessin? C’est un signe. (…)
Et parlons enfin du «projet écologiste», des «paysages» et de la «protection de l’environnement»! Oui, je l’affirme, si nous ne réduisons pas l’attractivité de la Suisse, en alléchant des entreprises internationales par des avantages fiscaux injustifiés, nous ne pourrons plus maîtriser l’aménagement de notre territoire et irons au-devant de graves problèmes, tant environnementaux qu’économiques et sociaux. Mais revenons à l’agriculture. Lorsque dans moins de 2 siècles et demi, nos descendants auront sacrifié le dernier carré de terres agricoles, ils ne mourront pas de faim, bien sûr. D’autres agriculteurs d’autres contrées auront pris la relève. Car aujourd’hui déjà, près de la moitié de notre nourriture vient de l’étranger. Et ce degré de dépendance vis-à-vis d’autrui tend à augmenter. Est-ce la bonne voie? (…) Protéger la terre cultivée n’est pas un caprice de nantis, mais une nécessité absolue, pour vivre, voire survivre. Et aussi pour protéger les paysages et la nature.
Willy Streckeisen,
ancien directeur de la
Chambre d’Agriculture du Canton de Genève
Lussy-sur-Morges



 ... et notre réponse



L’auteur de cette lettre de lecteur est un ami proche, qui accompagne et soutient depuis longtemps les activités du FCE. Les soucis notamment sur la perte de terrains agricoles et les problèmes écologiques en Suisse, qu’il exprime, sont partagés par le FCE. L’auteur explique que ces soucis ont joué un rôle pour l’acceptation par une majorité des votants de l’initiative de l’UDC contre «l’immigration massive» le 9 février 2014.  Cela semble pertinent. Même si on peut essayer de comprendre ces raisons-là, force est de constater que cette majorité des votants a ou bien soutenu consciemment cette démagogie, ou bien est tombée inconsciemment dans le piège qui consiste à rendre coupable «l’étranger» pour tous les maux dans ce pays. L’initiative de l’UDC n’apporte aucune solution concrète pour protéger l’environnement, ni pour améliorer les secteurs de santé, qui se maintiennent en bonne partie grâce à une main-d’œuvre étrangère, ni pour créer des nouvelles places de travail pour les citoyens suisses.

Rédigé par Willy Streckeisen, , 09.06.2014, recrutés par ute
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Ausgabe: 226 (05/2014)

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