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MIGRATIONS: Cuisine sans frontières

Pendant deux semaines, nos ami-e-s de NoBorder-Train-Kitchen ont cuisiné quotidiennement pour les 2000 personnes qui se trouvaient bloquées à Idomeni, à la frontière gréco-macédonienne. Depuis que la frontière macédonienne a été fermée à tous sauf aux Syrien-ne-s, aux Afghan-e-s et aux Irakien-ne-s, la situation dans le camp est devenue intenable. Début novembre, nous nous sommes rendu-e-s en Slovénie avec des camions remplis de dons pour les réfugié-e-s: des tentes, des couvertures et des sacs de couchage. Nous voulions également y installer une cuisine populaire mobile. A peine arrivé-e-s, la situation en Slovénie a changé. Spontanément, nous avons décidé à huit personnes, de partir pour Lesbos, en Grèce, avec un camion de douze tonnes plein. A notre arrivée en Grèce, la frontière gréco-macédonienne avait été fermée à de nombreux réfugié-e-s. Des milliers de personnes ont persévéré dans des conditions très dures. Et il en arrivait toujours des nouvelles. Très vite, il a été clair que nous irions à Idomeni pour y distribuer le matériel et y cuisiner.
Une situation catastrophique
Il pleuvait énormément et les conditions de vie étaient vraiment très mauvaises. Il y avait à peine de quoi dormir correctement: beaucoup de gens dormaient sous des bâches, dans la boue. Pour toutes les personnes qui n’étaient ni syriennes, ni afghanes, ni irakiennes, c’était le terminus. De nombreuses personnes venaient de Somalie, du Maroc, de Palestine, du Bangladesh, d’Iran ou du Pakistan. Les douaniers ne les laissaient pas passer.
Pour nous, à Idomeni, c’était de la cuisine non-stop. Nous avons fait équipe avec une autre cuisine populaire pour nourrir 2.000 personnes et distribuer plus de 3.000 repas pas jour. Au début nous avons monté notre cuisine sur un ancien terrain militaire abandonné. A ce moment-là, il y a eu le premier mouvement de révolte important. Il y avait déjà eu des protestations: des Iraniens se sont cousu la bouche et d’autres ont entamé une grève de la faim. Cette-fois-ci, il s’agissait de centaines de réfugié-e-s s’avançant pacifiquement vers le poste-frontière en criant des slogans comme «All together» et «open the border». Quelques-uns ont essayé de passer par-dessus la clôture mais ils ont été repoussés. En d’autres endroits, la clôture a été totalement arrachée. Les militaires ont pointé leurs mitraillettes sur les réfugiés. Quelques pierres ont volé mais d’autres réfugiés y ont tout de suite mis un terme.
La police a évacué notre cuisine deux jours après son installation. A ce moment-là, la deuxième révolte a commencé. L’élément déclencheur a été la mort par électrocution d’une personne qui était montée sur le toit d’un wagon-marchandise. De nouveau, des centaines de réfugié-e-s, plus décidé-e-s que jamais, ont tenté de franchir la frontière. Pendant une heure, les militaires macédoniens ont tiré des grenades lacrymogènes et des grenades assourdissantes sur les réfugié-e-s. Dans les fumées des gaz lacrymogènes, nous avons décidé d’occuper un wagon-marchandise libre et d’y faire la cuisine pour des milliers de gens. Début décembre a eu lieu la troisième révolte. Elle a été réprimée à coups de balles en caoutchouc.
Evacuation
Le 9 décembre la police grecque a évacué le camp d’Idomeni. Les réfugié-e-s n’ont pas eu le temps de faire leurs bagages, de nombreuses tentes ont été tailladées; la police a tout dévasté. Les réfugié-e-s ont dû monter dans des bus, direction Athènes. Ceux qui ne voulaient pas quitter leur tente ont parfois été violemment bousculés. La police nous a fait comprendre que s’approcher de trop près était plus qu’indésirable: les photos étaient interdites. Ceux qui ont tenté de prendre des photos ont été bousculés et embarqués par des policiers en civil. Tout de suite après l’évacuation, ils ont commencé à «ranger». Les tractopelles sont entrés en action pour rassembler les tentes, les bâches, les couvertures... Nous avons heureusement réussi à sauver des centaines de couvertures, de sacs de couchage et bien d’autres affaires que nous avons emmenées à Thessalonique. Dans cette ville, un groupe d’activistes grecs avait occupé un bâtiment pour y accueillir entre 100 et 150 réfugié-e-s. Une partie de notre groupe est partie à Lesbos, une autre est allée à Athènes. Certains sont restés à Thessalonique pour y installer  une cuisine populaire et aider à la construction des infrastructures pour les réfugié-e-s.


Appel à l’aide
Nous voulons soutenir les réfugiés qui arrivent en Grèce aussi longtemps que cela sera nécessaire. Pour cela nous avons besoin d’aide. Notre expérience nous a montré qu’il revient moins cher d’acheter la nourriture sur place. Il en est de même pour le matériel collecté comme les tentes, couvertures, vêtements, chaussures, bâches. Pourtant nous ne voulons freiner personne – il manque comme toujours de tout. Régulièrement, nous rencontrons des gens sans chaussures, couvertures, vestes ou chaussettes. On a toujours besoin de soutiens financiers pour continuer à cuisiner. En une semaine, nous avons dépensé 3.000 euros pour la nourriture. De plus, nous avons besoin de renfort, car nous sommes arrivé-e-s à nos limites. Nous sommes un tas de gens hétéroclites venant de l’Altmark, d’Hambourg, de Hanovre, de Berlin, de Melbourne...
Quelques-uns ont déjà l’expérience des cuisines populaires (VolXküche Hannover, le Sabot, Food for Action), d’autres amènent d’autres expériences, avec leurs forces et leurs faiblesses. La plupart ne se connaissaient pas avant. Des réfugié-e-s du Maroc, d’Iran et du Pakistan se sont joint-e-s à nous. Sans leur aide nous n’aurions jamais pu réaliser ce que nous avons fait. Ce qui nous unit: avec notre travail et la mise à disposition de nourriture et d’infrastructures techniques sur place, nous soutenons concrètement les personnes en fuite lors de leur passage des frontières. Ici, à Idomeni ou ailleurs.          

* Contact:
<noborderkitchen(chez)riseup.net>
Pour plus d’informations: <http://grenzenloskochenhannover.blogsport.de/>
Compte pour les dons:
Rote Hilfe e.V. / OG Salzwedel
IBAN: DE93 4306 0967 4007 2383 12
BIC: GENODEM1GLS
Intitulé: just people

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Archipel

Dieser Text stammt aus dem Archipel

Ausgabe: 224 (03/2014)

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