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UKRAINE: Grève de la faim dans un camp de rétention

En mars 2009, une délégation du FCE rendait visite au camp de rétention pour réfugiés et migrants de Zuravyci, près de la ville ukrainienne de Luts’k. Les membres de la délégation étaient restés sous le choc. En janvier 2012, dans ce même camp, des réfugiés somaliens ont entamé une grève de la faim pour attirer l’attention sur leur traitement inhumain. Dans le n° 172 d’Archipel, la délégation décrivait ainsi ses impressions: «Le camp ukrainien se situe au fin fond d’une forêt marécageuse, sur l’emplacement d’une ancienne base soviétique de missiles nucléaires. Le site est entouré d’un haut mur blanc surmonté de fils barbelés étincelants. Les bâtiments sont fraîchement rénovés; tout a l’air propre et stérile. Bref, une prison parfaite, sous le contrôle du ministère de l’Intérieur, avec des policiers mais aussi avec d’effroyables gardiens en uniformes noirs, munis de longues matraques. Des femmes en blouses blanches impeccables déambulent dans les couloirs comme si c’était une clinique.
Un vrai goulag moderne. Le camp est prévu pour 180 personnes, mais seules 29 y sont enfermées. Nous apprenons que, là aussi, l’argent manque pour pouvoir nourrir un nombre plus élevé d’occupant-e-s. L’Occident s’est contenté de financer la rénovation. Les réfugié-e-s restent au maximum 6 mois dans ce camp et sont ensuite relâché-e-s – sans travail, sans logement ni argent – quelque part dans la campagne. On nous mène dans une bâtisse où se trouvent les réfugié-e-s: ils sont assis dans une salle de repos grillagée, comme paralysés. Ils ne veulent pas nous parler sous le regard des gardiens, ils ont peur. Nous quittons ce lieu avec la chair de poule. Ukraine, gare terminus.»

    Dans une spirale infernale


Depuis de 6 janvier 2012, cinquante-huit Somaliens sont en grève de la faim dans ce camp, dont 28 mineurs –  onze femmes et dix-sept des hommes. Les grévistes de la faim disent qu’un jeune de
17 ans est très malade et occupe une chambre séparée. Le médecin a mis longtemps à venir, seulement le 15 janvier. Les grévistes de la faim racontent qu’ils sont les victimes d’un système d’asile totalement injuste. Les Somaliens se voient presque systématiquement refuser l’asile en Ukraine. S’ils tentent de passer la frontière de l’UE, ils sont refoulés et internés. Les grévistes de la faim disent qu’ils sont soumis à des persécutions et à des pressions policières. Entre-temps, la durée d’internement est passée de six mois à douze s’ils n’ont pas de permis de séjour valable pour rester dans le pays. La police s’adresse aux réfugiés en ces termes: «Pas de papiers? Pas d’argent? Alors, en prison!» Un gréviste de la faim, qui n’a jamais commis le moindre délit, a passé deux années entières en prison sur les trois de son séjour en Ukraine en tant que requérant d’asile. Peu après sa libération, un requérant peut à nouveau être arrêté et interné pour douze mois. Quelques-uns des grévistes de la faim en sont à leur première arrestation, même s’ils demandent l’asile depuis cinq ou six ans en Ukraine. D’autres ont été internés à plusieurs reprises.

    Protection des persécutés


Le FCE demande au ministère de l’Intérieur ukrainien, aux représentants des ONG humanitaires réunies au sein du «Conseil ukrainien des réfugiés» (auquel participe notre organisation partenaire CAMZ d’Oujgorod) de permettre l’accès au camp de Luts’k pour apporter aux grévistes de la faim les soins médicaux et psychologiques nécessaires et d’entamer un dialogue avec les autorités. Le FCE soutient les demandes des grévistes de la faim d’être libérés, d’obtenir un permis de séjour et un statut d’asile pour échapper à l’arbitraire des persécutions policières et des autorités. Comme le rapporte un somalien: «Pourquoi nous tourmenter? Nous ne sommes pas des criminels; nous avons quitté la Somalie pour sauver notre vie.»
Les réfugiés de Somalie ne peuvent pas être renvoyés dans leur pays d’origine déchiré par une guerre civile. Le tribunal européen des droits humains a décidé en juin dernier que les Somaliens doivent bénéficier d’une protection internationale. Cette décision doit être appliquée par tous les pays membres du Conseil de l’Europe, et par conséquent par l’Ukraine. On peut espérer que ce jugement sera respecté aussi en Europe de l’Ouest. Il est trop facile de critiquer seulement l’Ukraine pour la situation insoutenable des réfugiés. Elle n’est que la conséquence directe de la politique brutale de refoulement de la Forteresse Europe à ses frontières extérieures orientales.

Informations actuelles sur la grève de la faim, prises de positions des ONG, lettres de protestation aux autorités ukrainiennes: www.bordermonitoring-ukraine.eu

Rédigé par Michael Rössler (Cercle d’Amis Cornelius Koch), 17.03.2012, recrutés par ute
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Ausgabe: 201 (02/2012)

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