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Un camp no border en Turquie

Cet été, du 25 août au 2 septembre se tiendra un camp no border à Dikili, Izmir en Turquie. Ce paradis pour vacanciers et autres plaisanciers est connu depuis les années 1980 comme lieu de passage, utilisé par celles et ceux qui tentaient d’échapper à la répression du gouvernement militaire turc.

Frontière extérieure de l’Union européenne isolant la Forteresse Europe contre une immigration non désirée, la zone est devenue un véritable cauchemar pour les personnes qui tentent de pénétrer en Europe. Il existe deux itinéraires principaux pour qui veut quitter l’Irak, l’Iran et l’Afghanistan ou bien l’Afrique, en particulier la Somalie et le Soudan: le parcours par la terre traverse la frontière entre Turquie et Grèce ou entre Turquie et Bulgarie. L’autre itinéraire passe par la mer et la côte égéenne.

Entre la côte à proximité d’Izmir et les îles grecques, il n’y a que quelques miles nautiques. C’est plus particulièrement durant les mois d’hiver que des migrants utilisent ce passage entre Turquie et Grèce qui ne dure qu’une heure ou deux. Pour cette traversée à haut risque, ils embarquent depuis les villages de pêcheurs, également sites touristiques, de Kuþadasý, Seferihisar, Çeþme, Karaburun et Dikili.

Le service de garde-côte grec applique les ordres des Etats membres de l’UE pour protéger leurs intérêts en terme de main-d’œuvre jeune, formée, disciplinée et bon marché. Par tous les moyens, les garde-côtes tentent d’empêcher toute entrée sur le territoire grec: ils font chavirer certains bateaux transportant la «mauvaise cargaison», en tractent d’autres vers leur point de départ du côté turc, les sabotent pour qu’ils ne puissent plus aller en haute mer et revenir, ou débarquent des migrants sur des îles inhospitalières, sans eau, utilisent la violence, parfois des armes à feu.

Les autorités turques et grecques se renvoient ces demandeurs d’asile, personne ne veut en prendre la responsabilité. Ces dernières années, dans des villes telles qu’Izmir, les migrants qui attendent une opportunité pour partir vers l’Europe ont développé des communautés. En Grèce les requérants d’asile non voulus sont maintenus en détention puis expulsés, mais en Turquie, faute de dispositions légales claires, ils sont logés dans des «pensions pour étrangers» où ils attendent, pendant des périodes indéterminées, d’être également expulsés.

Par mauvais temps, il est plus facile d’accoster dans la mesure où les garde-côtes les remarquent moins facilement; par contre la traversée des bateaux surchargés en est d’autant plus dangereuse. Il n’est pas rare en hiver d’entendre les médias mentionner des bateaux chavirés. Comme, le plus souvent, les passagers ne savent pas nager, ils sont dans le meilleur des cas recueillis par les pêcheurs du coin, ou alors par les garde-côtes. Mais les habitants de la région retrouvent souvent des cadavres sur les plages. De source officielle, il y aurait eu 82 personnes noyées et 102 disparues en 2007, 20 morts et 53 disparus en 2006 dans le district égéen.

Le blog fortresseurope.

blogspot.com estime qu’il y a eu 410 morts et 402 disparus depuis 1994 à maintenant. Ces chiffres ne sont sans doute que la pointe de l’iceberg.

L’absence de possibilité d’entrée légale pour les demandeurs d’asile génère une demande pour les passeurs illégaux, un marché en pleine expansion aux frontières de l’Union. La fermeture des frontières a produit à la fois l’existence de ce marché et la criminalisation de ses acteurs. Les sanctions draconiennes qui visent ce que le régime des frontières appelle «les trafiquants d’êtres humains» font monter les prix du transport et rendent ce type de marché plus attractif tout en rendant l’arrivée sans danger impossible.

Migrer hors des zones appauvries, pillées et invivables pour cause de guerre et/ou  de production électronique, textile, de matière première et des déchets que ces productions génèrent, c’est une façon de défier l’ordre mondial. Notre objectif avec le camp no border est de soutenir les intérêts des personnes qui ont choisi ce chemin dur et périlleux.

Du 25 août au 2 septembre, à Dikili (Izmir) nous vous proposons un échange d’expériences et de connaissances pratiques entre personnes intéressées ou affectées par les questions de migration et d’activisme, la question principale étant comment empêcher la multiplication des victimes aux frontières, et comment générer une prise de conscience du public, en Turquie et en Europe, sur la situation des migrants.

Nous vous invitons à participer, coopérer et collaborer aux ateliers. Pour plus d’info: dikili2008-sinirkampi(at)hotmail.com

Aucun être humain n’est illégal, nous sommes tous des migrant-e-s

Rédigé par Réseau, 04.08.2008, recrutés par meyer
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Archipel

Dieser Text stammt aus dem Archipel

Ausgabe: 161 (06/2008)

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